Tri des déchets, réduction des impressions, éclairage LED, gourdes réutilisables… Ces actions font partie des premières mesures mises en place pour réduire l'impact écologique du spectacle vivant.
Elles sont utiles. Mais une partie de cet impact se joue bien avant la première représentation, dès la préparation de la saison culturelle.
Pour les lieux de spectacle, les choix de programmation, la coordination avec les compagnies, les besoins techniques ou encore les déplacements des publics influencent directement l'organisation de chaque accueil. Selon une étude du Ministère de la Culture, le spectacle vivant représente environ 7 millions de tonnes équivalent CO₂ par an, dont près de 40 % concernent les déplacements du public.
Dans cet article, découvrez comment réduire l'impact écologique de votre saison culturelle grâce à des choix de programmation et d'organisation.
Comprendre les principaux postes d'impact écologique d'une saison culturelle
Une saison culturelle ne se résume pas à une succession de dates dans un calendrier.
Son impact écologique dépend de nombreux facteurs, parmi lesquels :
- les déplacements des publics ;
- les déplacements des équipes artistiques et techniques ;
- le transport des décors, costumes, instruments et matériels ;
- l’énergie consommée par le lieu ;
- les achats, impressions, hébergements et repas associés à l’accueil des spectacles.
Tous ces éléments ne relèvent pas directement de la responsabilité du lieu. Il ne peut pas, par exemple, choisir le mode de transport de ses spectateurs ou décider des conditions de déplacement des équipes accueillies.
En revanche, il peut agir sur la manière dont la saison est pensée, préparée et coordonnée. C'est souvent dès la programmation que se prennent les décisions qui auront un impact sur l'organisation des spectacles et, indirectement, sur leur impact environnemental.
La programmation, un levier écologique souvent sous-estimé
Programmer autrement ne signifie pas programmer moins.
Cela signifie construire une saison plus cohérente, en intégrant les enjeux d'organisation dès les premiers choix de programmation.
Les décisions prises à cette étape influencent la suite de la saison : déplacements des équipes, transport du matériel, besoins techniques ou encore organisation des accueils.
Lorsque plusieurs spectacles répondent au même projet artistique, certains critères peuvent également être pris en compte, comme la possibilité de proposer une série de représentations, les contraintes logistiques ou les besoins techniques associés.
Bien entendu, ces arbitrages ne sont pas toujours possibles. Une saison culturelle répond avant tout à un projet artistique, à des contraintes budgétaires et aux attentes des publics. L'objectif n'est donc pas de faire de l'impact écologique le seul critère de programmation.
Il s'agit plutôt de l'intégrer progressivement dans la réflexion, au même titre que les autres critères qui permettent de construire une saison équilibrée. ARVIVA propose d'ailleurs un guide pratique pour aider les structures culturelles à construire leur démarche de transition écologique.
💡 À retenir : les choix réalisés au moment de la programmation influencent l'organisation de toute la saison. Les intégrer plus tôt permet d'agir sur l'impact écologique, sans remettre en cause le projet artistique.
Mieux coordonner les accueils de spectacles
Pour un lieu, limiter l’impact écologique d’une saison passe aussi par une meilleure préparation des accueils.
Chaque spectacle mobilise des équipes, du matériel, des besoins techniques, parfois des hébergements ou des transports spécifiques. Par exemple, une fiche technique transmise tardivement peut conduire à louer du matériel en urgence, alors qu'il était disponible auprès d'un partenaire local.
Plus ces informations sont connues tôt, plus il devient possible d’anticiper les contraintes et d’éviter certaines décisions de dernière minute.
Concrètement, cela peut passer par :
- vérifier les besoins techniques dès les premiers échanges ;
- identifier le matériel déjà disponible sur place ;
- regrouper certaines informations dans un espace partagé ;
- anticiper les besoins d’hébergement ou de restauration ;
- préparer les feuilles de route et les plannings avec les équipes concernées.
Ces actions ne remplacent pas une stratégie environnementale. Mais elles facilitent une organisation plus sobre, plus lisible et plus réaliste pour les équipes du lieu comme pour les équipes accueillies.
Faciliter les déplacements des publics
Les déplacements du public restent l’un des principaux postes d’émissions du spectacle vivant. C’est aussi l’un des plus difficiles à maîtriser, car il dépend du territoire, de l’offre de transport, des horaires, des habitudes de mobilité et du profil des publics.
Un lieu ne peut pas tout contrôler. En revanche, il peut faciliter des choix plus sobres.
Cela passe d’abord par des informations pratiques claires : accès en transports en commun, parkings vélos, covoiturage, horaires de bus ou de train, temps de trajet depuis les principales communes voisines.
Les horaires de représentation peuvent aussi jouer un rôle. Une représentation qui se termine après le dernier train ou le dernier bus limite mécaniquement les alternatives à la voiture individuelle.
Selon les territoires, d’autres pistes peuvent être envisagées : partenariats avec les collectivités, navettes ponctuelles, actions hors les murs, programmation de proximité ou solutions de covoiturage dédiées aux événements culturels, comme Festicar.
Là encore, l’objectif n’est pas de faire porter toute la responsabilité sur les publics. Il s’agit plutôt de créer les conditions qui rendent les alternatives plus simples, plus lisibles et plus réalistes.
Anticiper les besoins techniques et logistiques
L’impact écologique d’une saison dépend aussi de la qualité de la coordination entre les équipes.
Une fiche technique reçue trop tard, un besoin matériel mal identifié ou une information qui circule difficilement peuvent entraîner des ajustements de dernière minute : faire venir un équipement depuis un autre territoire, organiser un transport supplémentaire ou acheter un matériel qui aurait pu être emprunté ou mutualisé.
À l’inverse, une meilleure anticipation permet de vérifier le matériel déjà disponible, d’adapter les besoins techniques et de préparer l’accueil des équipes dans de meilleures conditions.
Cela suppose de faire dialoguer plus tôt la programmation, la technique, l’administration et la communication, afin que chacun dispose des informations nécessaires au bon moment.
La transition écologique ne repose pas uniquement sur de grandes décisions stratégiques. Elle passe aussi par une organisation plus fluide, où mieux préparer, mieux partager et mieux coordonner permet souvent d'éviter des achats de dernière minute, des transports inutiles de matériel ou des urgences logistiques.
Suivre, mesurer et améliorer sa démarche
Réduire l’impact écologique d’une saison culturelle ne se fait pas en une année.
Toutes les structures ne disposent pas des ressources nécessaires pour réaliser un bilan carbone complet. En revanche, il est possible de commencer progressivement, en suivant quelques indicateurs adaptés à son activité.
Un lieu peut par exemple mesurer l'évolution de ses impressions, les solutions de mobilité proposées aux publics, le nombre de séries de représentations, les actions mises en place pour anticiper les besoins techniques ou encore les initiatives de réemploi.
L'objectif n'est pas de tout mesurer parfaitement dès le départ. Il s'agit avant tout d'identifier des pistes d'amélioration, d'observer leur évolution d'une saison à l'autre et d'impliquer progressivement l'ensemble des équipes.
Une démarche de transition écologique s'inscrit dans la durée. Chaque saison permet d'expérimenter de nouvelles pratiques, d'en évaluer les effets et d'ajuster progressivement son organisation.
| Question à se poser | Pourquoi ? |
|---|---|
| Les informations techniques sont-elles partagées suffisamment tôt ? | Limiter les urgences et les ajustements de dernière minute. |
| Certaines représentations pourraient-elles être regroupées ? | Optimiser l'organisation des accueils. |
| Les solutions de mobilité sont-elles suffisamment visibles pour les publics ? | Encourager des déplacements plus sobres. |
| Quelles actions ont bien fonctionné cette saison ? | Capitaliser sur les bonnes pratiques pour la saison suivante. |
Réduire l'impact écologique d'une saison culturelle ne repose pas uniquement sur des écogestes.
Cela commence souvent plusieurs mois avant la première représentation, au moment où la programmation, l'organisation et la coordination prennent forme.
Avec Orfeo, les lieux de spectacle centralisent leurs informations, anticipent leurs accueils et coordonnent plus facilement leurs équipes pour préparer chaque saison dans les meilleures conditions.
F.A.Q.
Quel est le principal impact écologique d’une saison culturelle ?
L’impact écologique d’une saison culturelle provient de plusieurs sources : les déplacements des publics, les déplacements des équipes artistiques et techniques, le transport des décors et du matériel, la consommation énergétique des bâtiments, ainsi que les achats liés à l’accueil des spectacles.
Pour les lieux de spectacle, les déplacements des publics constituent un poste important, mais ils ne sont pas les seuls à prendre en compte. La programmation, les besoins techniques, les tournées des compagnies et la coordination entre les équipes jouent aussi un rôle.
Comment un lieu de spectacle peut-il réduire l’impact écologique de sa saison ?
Un lieu de spectacle peut agir en amont, dès la construction de sa programmation. Il peut favoriser des séries de représentations, coordonner certains accueils avec d’autres lieux du territoire, anticiper les besoins techniques, faciliter les déplacements des publics et mieux centraliser les informations entre les équipes.
Ces actions viennent compléter les démarches plus visibles, comme la réduction des impressions, la gestion des déchets ou l’amélioration de la performance énergétique du bâtiment.
Pourquoi la programmation influence-t-elle l’impact écologique d’une saison culturelle ?
La programmation détermine une grande partie de l’organisation d’une saison : calendrier des représentations, circulation des compagnies, besoins techniques, hébergements, transport du matériel ou accessibilité pour les publics.
Des choix réalisés plusieurs mois avant les représentations peuvent donc avoir des conséquences concrètes sur l’empreinte environnementale de la saison.
Quels indicateurs suivre pour améliorer une saison culturelle ?
Un lieu peut commencer par suivre quelques indicateurs simples : provenance des équipes accueillies, nombre de représentations par spectacle, déplacements nécessaires, hébergements, volumes d’impression, mutualisation de matériel ou actions mises en place en faveur de la mobilité des publics.
Il n’est pas toujours nécessaire de tout mesurer dès le départ. L’important est de construire progressivement une base de suivi utile pour comparer les saisons et ajuster les pratiques.
Un logiciel de gestion peut-il aider un lieu dans sa démarche écologique ?
Un logiciel de gestion ne réduit pas directement l’empreinte carbone d’un lieu de spectacle. En revanche, il peut faciliter la centralisation des informations, améliorer la coordination entre les équipes et permettre d’anticiper certaines décisions logistiques.
Cette meilleure organisation peut aider les lieux à intégrer plus facilement des critères environnementaux dans la préparation de leur saison culturelle.